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“C’est une situation insoutenable pour les habitants locaux” : Entretien avec une agente immobilière de la Côte Basque 

Biarritz, le 12 février 2025 – Alors que les résidences secondaires représentent un marché clé sur la Côte Basque, certaines villes ont mis en place des restrictions pour réguler leur nombre. Nous avons interrogé Michele Labat, une agente immobilière locale, pour comprendre ces mesures et leur impact sur le marché immobilier. 

 Bonjour Michele, pouvez-vous nous expliquer les restrictions sur les résidences secondaires de la Côte Basque ? 

 « Bonjour. Les municipalités de la Côte Basque ont instauré des mesures pour limiter l’acquisition de résidences secondaires. Par exemple, à Biarritz, pour chaque résidence secondaire achetée, l’acquéreur doit compenser en transformant un bien vacant en logement principal ou en louant à long terme un autre bien. Cela vise à garantir un équilibre entre les résidents permanents et les investisseurs. » 

Pourquoi ces restrictions ont-elles été mises en place ? 

« La demande pour les résidences secondaires a conduit à une explosion des prix de l’immobilier. C’est une situation insoutenable pour les habitants locaux. Ces mesures sont une réponse pour rétablir l’accès au logement pour les résidents permanents, souvent exclus du marché immobilier à cause de l’essor des investissements externes. » 

 Quelles sont les principales mesures prises par les municipalités ? 

 « Certaines villes, comme Saint-Jean-de-Luz, imposent des taxes supplémentaires sur les résidences secondaires. D’autres, comme Biarritz, exigent la compensation, où l’acheteur doit investir dans des logements accessibles à la population locale. Ces régulations visent à limiter l’augmentation de la vacance locative et à maintenir un tissu social local stable. » 

 Quel impact ces mesures ont-elles sur le marché immobilier local ? 

« L’impact est palpable. Dans les zones périphériques de Biarritz ou Saint-Jean-de-Luz, on commence à voir une légère baisse des prix, mais ce phénomène reste modéré. Les biens les plus recherchés dans les centres-villes continuent d’augmenter en prix. Ces régulations ralentissent la spéculation, mais n’inversons pas complètement la tendance. Je pense qu’il faut attendre un peu, c’est un processus qui s’étale sur le long terme.» 

Ces restrictions suffisent-elles à résoudre la crise du logement sur la Côte Basque ? 

 « Ces restrictions sont un pas dans la bonne direction, mais il est essentiel d’aller plus loin. La crise du logement ne se réglera pas uniquement par des mesures fiscales. Il faut également développer l’offre de logements sociaux. Depuis le covid, les gens cherchent à louer mais avec les propriétaires de résidence secondaire il y’a de moins en moins d’offres. Et surtout, il est nécessaire de renforcer les régulations des plateformes de location saisonnière, car elles aggravent le problème. » 

 Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent investir dans une résidence secondaire ici ? 

« Mon conseil serait de se renseigner en détail sur les règles locales avant de faire un investissement. Si vous achetez un bien dans une ville comme Biarritz, vous devrez vous engager à respecter la règle de compensation, ce qui peut influencer la rentabilité de l’investissement. Investir reste possible, mais il faut être conscient des nouvelles contraintes fiscales et réglementaires. » 

Pour finir, quel avenir voyez-vous pour le marché immobilier de la Côte Basque ? 

« Si les régulations continuent d’être ajustées et adaptées, le marché pourrait devenir plus équilibré. L’objectif est que les résidents permanents ne soient plus évincés par les résidences secondaires. Cela pourrait contribuer à maintenir une qualité de vie en préservant le tissu social local. Mais cela prendra du temps, et beaucoup d’efforts devront être faits pour réellement changer la donne. » 

Merci beaucoup, Michele, pour votre analyse de la situation sur la Côte Basque. 

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